Le temps qui passe

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Je rêvai à ma mère.

A 17 ans, elle me dit :

-Mon pauvre chéri, que fais-tu de ton temps ? Tu le perds ! Reprends-toi, quoiqu’il soit pour toi déjà trop tard !

-Mais non maman, je rêve et je furète au gré des mes envies, partout toujours en quête d’un de ces plaisirs menus qui font que la vie mérite d’être vécue. Mais il n’est pas trop tard, j’ai 17 ans, maman !

A 18 ans, elle me dit :

-Mon pauvre chéri, que fais-tu de ton temps ? Tu le perds ! Reprends-toi, quoiqu’il soit pour toi déjà trop tard !

-Mais non maman, je rêve et je furète au gré des mes envies, partout toujours en quête d’un de ces plaisirs que j’attrape comme je faisais petit avec les papillons. Mais il n’est pas trop tard, j’ai 18 ans, maman !

A 20 ans, elle me dit :

-Mon pauvre chéri, que fais-tu de ton temps ? Tu le perds ! Reprends-toi, quoiqu’il soit pour toi déjà trop tard !

-Mais non maman, je rêve et je furète au gré des mes envies, je profite, est-ce un crime ? Il est vrai qu’il est temps. Je te promets, maman : on ne me verra plus rêver et fureter au gré de mes envies, partout toujours en quête d’un plaisir nouveau à attraper comme un frivole chasseur de papillons. Mais il n’est pas trop tard, car j’ai 20 ans, maman !

-20 ans, que dis-tu ? Tu as passé les 50 !

-Ah… ce n’était donc qu’un rêve ? Pour moi, alors, il est trop tard ?

-Je te l’ai dit cent fois.

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Ma traduction de l’Évangile (24)

Le Possédé de Gérasa

Ils allèrent sur l’autre rive de la mer, au pays des Gadaréniens.

Quand Jésus descendit du bateau, aussitôt un homme dans un esprit impur sortit des sépultures et vint à sa rencontre.

Il avait son habitation parmi les tombes et personne ne pouvait l’attacher avec des chaînes, pour la raison même que souvent il avait été attaché à des pieds et à des chaînes, qu’il avait arraché les chaînes et brisé les pieds; et personne n’avait la force de le soumettre.

En permanence, nuit et jour, dans les montagnes et les tombes, il allait hurlant et se frappant avec des pierres.

Il vit Jésus de loin et courut se prosterner devant lui.

Hurlant d’une voix forte, il dit : Qu’est-ce qui est à toi et à moi, Jésus, Fils du Dieu très haut ? Je t’en conjure au nom de Dieu : ne me fais pas souffrir !

Car Jésus lui disait : Sors de l’homme, esprit impur !

Et il lui demandait : Comment t’appelles-tu ? Et il répondait : Légion ! car nous sommes nombreux.

Il lui demandait avec insistance de ne pas les envoyer en dehors du pays.

Il y avait là, au bas de la montagne, un grand troupeau de porcs qui mangeaient.

Tous les démons l’interpellaient en disant : Envoie-nous chez les porcs, afin que nous entrions en eux !

Jésus le leur permit aussitôt. Les esprits impurs sortirent et entrèrent dans les porcs; le troupeau s’élança du haut du précipice dans la mer; ils étaient environ deux mille; ils suffoquèrent dans la mer.

Les éleveurs des porcs prirent la fuite et annoncèrent la nouvelle à la ville et à la campagne. Les gens sortirent voir ce qui était arrivé.

Ils viennent voir Jésus et contemplent l’homme possédé par le démon assis, vêtu et sain d’esprit : celui qui avait eu la Légion; ils prirent peur.

Ceux qui avaient vu leur racontèrent ce qui était arrivé à l’homme possédé par le démon et aux porcs.

Ils commencèrent à lui demander de partir de leurs terres.

Comme il montait dans le bateau, celui qui avait été possédé par le démon lui demanda de rester avec lui.

Jésus ne le lui permit pas mais lui dit : Rentre chez toi, près des tiens, et annonce-leur tout ce que le Seigneur t’a fait et qu’il a eu pitié de toi !

Il partit et commença à prêcher dans la Décapole tout ce que Jésus lui avait fait; tous étaient étonnés.

Comme Jésus regagnait l’autre rive sur le bateau, une foule nombreuse s’assembla autour de lui; il était au bord de la mer.

Et voici venir l’un des chefs de la Synagogue, appelé Jaïre; le voyant, il tombe à ses pieds.

Il lui demandait avec insistance : Ma petite fille est à l’extrémité; viens poser tes mains sur elle, pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive !

Jésus partit avec lui et une foule nombreuse le suivait et le pressait.

Il y avait une femme atteinte d’un écoulement de sang depuis douze ans.

Beaucoup de médecins l’avaient fait beaucoup souffrir et elle avait dépensé tout ce qu’elle avait, mais cela n’avait servi à rien; au contraire, elle était allée de mal en pis.

Ayant entendu parler de Jésus, elle était allée derrière lui dans la foule et lui avait touché le manteau.

Car elle se disait : Si seulement je touche ses vêtements, je serai sauvée.

Aussitôt la source de son sang fut enlevée et elle comprit que son corps était guéri de ce qui le fouettait.

Aussitôt Jésus sut en lui-même qu’une force était sortie de lui et, se tournant vers la foule, il dit : Qui a touché mes vêtements ?

Ses disciples lui dirent : Tu vois la foule qui te presse et tu dis : Qui m’a touché ?

Il regardait autour pour voir celle qui avait fait cela.

La femme, apeurée et tremblante, parce qu’elle savait ce qui s’était passé en elle, alla s’abattre devant lui et lui dit toute la vérité.

Il lui dit : Ma fille, ta croyance t’a sauvée; va en paix et sois guérie de ce qui te fouette !

Pendant qu’il parle encore, des gens viennent de chez le chef de la Synagogue et lui disent : Ta fille est morte; pourquoi fatigues-tu encore le maître ?

Mais dès qu’il entendit la parole qui était prononcée, Jésus dit au chef de la Synagogue : N’aie pas peur, crois seulement !

Il ne permit à personne de l’accompagner, sauf à Pierre, Jacques et Jean, le frère de Jacques.

Il va chez le chef de la Synagogue et contemple l’agitation : des gens qui pleurent et crient beaucoup.

Une fois entré, il leur dit : Pourquoi vous agitez-vous et criez-vous ? La petite fille n’est pas morte : elle dort.

Ils se moquaient de lui. Mais lui les chasse tous et prend avec lui le père et la mère de la petite fille et ceux qui étaient avec lui et pénètre là où la petite fille était allongée.

Il s’empare de la main de la petite fille et lui dit : Talitha, koumi ! ce qui se traduit par : Fillette, je te dis : lève-toi !

Aussitôt la petite fille se leva et marcha, car elle avait douze ans; ils furent jetés dans une grande extase.

Il donna des ordres avec insistance pour que personne ne sache ce qui s’était passé et il dit de donner à manger à la petite fille.

 

(Évangile d’après saint Marc 5, traduction de Franck Ferdinand)

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L’histoire vraie de la condamnation à mort d’un juif nazi (2)

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Danny Balint était un juif
Révolté contre son milieu,
Fantasmant de bourrer le bif
À son rabbin et au bon Dieu.

Traînant son sort déstructuré,
Il s’agitait, petit macho,
L’esprit souffrant et emmuré
Parmi les skins et les fachos.

Il se rêvait à Majdanek,
Tuant les déportés d’Ukraine,
Ou voyou du ghetto, vrai mec
Préférant les coups à la peine.

Écœuré par la petitesse
D’un vil destin de démagogue,
Il refusa ce qui abaisse,
Dynamitant sa synagogue.

Il  mourut en expiation
D’une vie de vice et de rien,
Rêvant à la résurrection,
À la fois Christ et pharisien.

Le dieu qui le ciel déserta
Et ne vit que dans l’Écriture
Fit contre lui sa vendetta,
Révélant là sa vraie nature.

 

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De Jeff Koons (2)

De Jeff Koons (2)

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Ma traduction de l’Évangile (23)

Christ_heals_tne_man_with_paralysed_handJésus entra à nouveau dans la synagogue et il y avait là un homme à la main desséchée.

Ils le surveillaient pour l’accuser s’il le soignait pendant le sabbat.

Il dit à l’homme à la main desséchée : Lève-toi au milieu.

Et il leur dit : Est-il permis pendant sabbat de faire du bien ou de faire du mal ? de sauver une vie ou de tuer ? Ils se taisaient.

Il les regarde autour de lui avec colère et en même temps avec chagrin pour la dureté de leur cœur et il dit à l’homme : Tends ta main. Il la tendit et sa main redevint saine, comme l’autre.

Les pharisiens sortirent aussitôt et tinrent conseil avec les hérodiens sur la manière de le perdre.

Jésus retourna avec ses disciples vers la mer et une foule nombreuse le suivit, venue de Galilée, de Judée, de Jérusalem, d’Idumée, d’au-delà du Jourdain et ceux autour de Tyr et de Sidon, foule nombreuse, entendant dire tout ce qu’il faisait, vinrent le voir.

Il dit à ses disciples de mettre à son service un petit bateau, à cause de la foule, afin que les gens ne l’oppressent pas.

Car il soignait beaucoup de gens, de sorte que tous ceux qui avaient des supplices tombaient à ses pieds, afin qu’il les touche.

Et les esprits impurs, quand ils le contemplaient, tombaient à ses pieds et hurlaient en disant : Toi, tu es le Fils de Dieu.

Il leur donna fortement l’ordre de ne pas faire savoir ce qu’il faisait.

Il monta sur la montagne et fit venir ceux qu’il voulait; ils vinrent le voir.

Il fit en sorte que douze soient avec lui, afin de les envoyer prêcher et qu’ils aient autorité de soigner les maladies et de chasser les démons : Simon, qu’il appela Pierre; Jacob, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacob, qu’il appela Boanergès, ce qui veut dire : les Fils du tonnerre; André, Philippe, Barhtolomée, Matthieu, Thomas, Jacob, fils d’Alphée, Thadée, Simon le Cananite et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra. Ils vont dans une maison.

La foule y alla encore aussi, en sorte qu’ils ne pouvaient même pas manger de pain.

Entendant dire ce qui se passait, ses parents vinrent s’emparer de lui; car ils disaient : Il est parti.

Les scribes venus de Jérusalem disaient : Béelzébul le tient ! et : C’est pas le chef des démons qu’il chasse les démons !

Il les fit venir et leur parla en paraboles : Comment Satan  peut-il chasser Satan ?

Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut se tenir debout.

Si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut se tenir debout.

Si Satan est dressé et divisé contre lui-même, il ne peut se tenir debout et la mort le tient.

Personne ne peut entre dans la maison du fort et piller ses meubles sans d’abord attacher le fort; et alors on pille sa maison.

En vérité je vous dis que toutes les fautes seront remises aux fils des hommes, et tous les blasphèmes qu’ils auront blasphémés.

Mais quiconque blasphème contre l’Esprit saint n’a pas de rémission pour l’éternité : il est livré à un châtiment éternel.

Car ils disaient : Un esprit impur le tient.

Alors viennent ses frères et sa mère; ils se tiennent dehors et l’envoient chercher pour lui parler.

La foule était assise autour de lui; on lui dit : Voici que ta mère, tes frères et tes sœurs sont dehors et te cherchent !

Il leur répondit en disant : Qui est ma mère ? ou mes frères ?

Regardant ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : Voilà ma mère et mes  frères !

Car quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère.

 

(Évangile d’après saint Marc 3, traduction de Franck Ferdinand)

 

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De Stendhal

Formation_Etats-Unis[1]Un gouvernement libre est un gouvernement qui ne fait point de mal aux citoyens, mais qui au contraire leur donne la sûreté et la tranquillité. Mais il y a encore loin de là au bonheur, il faut que l’homme le fasse lui-même, car ce serait une âme bien grossière que celle qui se tiendrait parfaitement heureuse parce qu’elle jouirait de la sûreté et de la tranquillité. Nous confondons ces choses en Europe; accoutumés que nous sommes à des gouvernements qui nous font du mal, il nous semble qu’en être délivrés serait le suprême bonheur; semblables en cela à des malades travaillés par des maux douloureux. L’exemple de l’Amérique montre bien le contraire. Là, le gouvernement s’acquitte fort bien de son office, et ne fait de mal à personne. Mais, comme si le destin voulait déconcerter et démentir toute notre philosophie, ou plutôt l’accuser de ne pas connaître tous les éléments de l’homme, éloignés comme nous le sommes depuis tant de siècles par le malheureux état de l’Europe de toute véritable expérience, nous voyons que lorsque le malheur venant du gouvernement manque aux Américains, ils semblent se manquer à eux-mêmes. On dirait que la source de la sensibilité se tarit chez ces gens-là. Ils sont justes, ils sont raisonnables, et ils ne sont point heureux.

 

(De l’amour, 1822)

 

 

 

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L’histoire vraie de la condamnation à mort d’un juif nazi

00786872-photo-affiche-danny-balintTantôt, un lecteur m’avait conseillé de regarder Danny Balint, car paraît-il ce film parlait de moi et de ma propre névrose.

Je l’ai vu et je l’ai aimé. Cela m’a un peu replongé dans mes jeunes années, où je ne ratais pas un film du cinéma-américain-indépendant-primé-au-festival-de-Sundance.

C’est toujours un peu de la même chose que ces films parlent : l’errance d’une jeunesse déstructurée et perdue face au vide existentiel dans une société sans espoir.

 

Après bon, ça c’est le cadre général. Pour faire un film après les autres, faut trouver un personnage et un scénario. Le nôtre repose sur l’histoire vraie de la mort d’un jeune skinhead new-yorkais qui avait trouvé le sens de sa vie dans la haine des juifs. Un juif lui-même, en plus, ça met du piment.

Mais comme j’ai perdu mon innocence, je ne peux plus regarder un film politique sans vouloir y débusquer la propagande. En général, il y en a toujours.

Sur celui-là j’ai été surpris. Certes de la propagande il y en a. Mais elle est plutôt légère.

Enfin disons au moins que les motivations des skins et des intellectuels fascistes sont présentés avec honnêteté. Le fait que la presse et la banque soient contrôlées par des juifs est rappelé incidemment. Mais même plus profondément le discours philosophique anti-sioniste (la modernité comme une maladie juive, une maladie du déracinement et du devenir-marchandise) est exprimé avec une certaine justesse.

Il y a un peu de Friedrich Nietzsche chez ce garçon. Ou de Simone Weil :

Il n’y a pas de race plus énigmatique, plus fatale et par conséquent plus intéressante que celle des juifs.
Tout écrivain qui, comme vous, est oppressé par l’aspect du présent et embarrassé par son angoisse devant l’avenir, doit chercher à élucider la question juive et sa portée sur notre époque.
Car la question juive et son influence sur le monde ancien et moderne plonge à la racine même de toute chose et doit être discutée par tout penseur honnête, si grandes soient les difficultés qu’elle comporte, si complexe soit le sujet, aussi bien que les individus de cette race.
Vous révélez, et avec une grande ferveur, les rapports qui existent entre le collectivisme de la finance internationale immensément riche – la démocratie des valeurs d’argent… Et tous ces maux et ces misères économiques aussi bien que politiques vous en remontez la trace à une seule source « 
fons et origo malorum » : les juifs.
…Il ne s’est guère passé un événement dans l’Europe moderne sans qu’on puisse remonter la trace jusqu’aux juifs.
Toutes les idées et tous les mouvements des temps modernes ont jailli d’une source juive et ceci pour la simple raison que l’idée sémitique a finalement conquis et entièrement asservi notre univers.
Il ne fait aucun doute que tout ce qu’ils font, les juifs renchérissent en mieux ou en pire sur les goyim et il ne fait aucun doute que leur influence aujourd’hui justifie une très soigneuse enquête et il n’est pas possible d’envisager cette influence sans sérieuses alarmes.
Nous les juifs, nous nous sommes très gravement trompés. Il n’y a pas plus, aujourd’hui, que de fausseté et folies. Une folie qui produira une misère encore plus grande et une anarchie encore plus profonde
.

Mais chez notre ami, ces considérations disparaissent noyées sous la passionnante question du goût des uns et des autres pour les pipes et sous l’exhibition spectaculaire de sa violence et de son arme. On dira que c’est parce que ça passe mieux au cinéma.

Un autre point qui échappe à la propagande grossière et fait de ce film un objet politiquement ambiguë : la question israélo-palestinienne y est abordée avec toute la violence des questions qui se posent dans la réalité : Quid de Sabra et de Chatila ? Et d’Ariel Sharon ? Les Israéliens se comportent-ils mieux ou pas mieux que les nazis ? Oui, non, peut-être, oui mais bon c’est la guerre que veux-tu, non non tu dis n’importe quoi tu es antisémite tais-toi, salauds de juifs que nous sommes : il n’y a pas de réponse claire, plutôt la variété des jugements que l’on trouve aussi dans la réalité.

Là où le film trouve sa portée, selon moi, c’est que ces questions, abordées par des personnages juifs, le sont aux portes de la synagogue (1h11′ du film).

Car ce film trace l’histoire d’un believer. Et pour un croyant, la politique ne peut dépasser le rang de l’anecdote. C’est dans la confrontation avec son dieu que le destin de Danny va se nouer et le film révéler sa portée.

Tout le reste est pipi de chat. Il fréquente des skins et des fachos ? La belle affaire. Il tue le riche banquier juif Illio Manzetti ? Peut-être mais est-ce bien lui le coupable ? Il dit que Dieu n’existe pas ? Et alors  ? Est-ce qu’il existe après tout ?

Il récuse l’autorité de la Torah ? Ah là, l’affaire se corse ! Car ce dieu, ce dieu qui n’existe pas (« Il n’y a rien là-haut » : ce sont les derniers mots du film), ce dieu n’a pas besoin d’exister ailleurs que dans l’Écriture pour anéantir dans le feu, ici, sur cette terre, celui qui osa croire que peut-être la chair est sainte et vouée à la résurrection. C’est la pure doctrine sadducéenne.

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Sonnet (2)

Vendredi soir en Californie, le jeune Elliot Rodger a noyé son mal-être dans le sang de victimes fusillées au hasard.

Elliot Rodger chante :

Le cœur à moitié mort d’envies inassouvies,
Je décharge mon gun comme des couilles pleines
Sur le spectacle ardent de vos corps et vos vies,
Badigeonnant vos seins du sang de mes problèmes.

Vous les blondes, surtout, dont j’ai l’âme asservie,
Serez souffre-douleur de mes trop longues peines.
Le satin de vos peaux de la Scandinavie
Brunira de la crue de vos trop fines veines.

J’irai de par les rues de Santa-Barbara
Avec pour seuls amis de mon ressentiment
Ma bite et mon fusil, comme le barbare a.

Et alors vous paierez pour toutes mes souffrances :
Je prendrai pour outil de votre châtiment
Ma chair vierge, revers de toutes vos jouissances.

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Tsunami

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Je vois.

Je vois avec une clarté fugace. Avec d’autant plus de clarté qu’avec fugacité.
La vague. Je vois la vague.
La vague qui soulève les corps et les déchets, les tables et les chaises, les bouts de bois, les monceaux de plastique et de verre. Vanité. Vanité.
Son flux est immense, bleu et clair dans le silence.
Et son écume délicate crépite, faisant éclater des bulles de mutisme et le hourvari final de la beauté.
Elle se déverse de l’intérieur comme un vomi immense et pur qui charrie tout sur son dos placide et puissant.
L’Occident décrépi part avec comme la merde dans l’eau des chiottes.
Et la République française, ses mensonges et ses crimes. Ses génocides voilés d’un blablablablabla. La diarrhée sentait meilleur. Bon débarras.
Et les cadavres, les membres et les abattis au milieu des meubles et de tout et de rien. Vanité. Vanité.
Et les panneaux de signalisation. Et le papier monnaie. Et les transistors. Et les écrans plats. Et les carlingues. Et les cendriers. Et les mégots. Les fracas de granit et bitume. Et les os et le sens et les dents et les ongles. Et le désir avec le reste.Vanité. Vanité.
Et ce que nous avions aimé de ce monde, ces petits charmes de rien dans l’imperturbable sublimité qui les emporte.

Et nos vies. Et nos vies. Et nos vies.

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Joyeuses Pâques à tous !

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Il entra à nouveau dans Capharnaüm après quelques jours; on entendit dire qu’il était dans une maison.

Et aussitôt beaucoup de gens s’assemblèrent, au point que le devant de la porte ne pouvait même plus les contenir tous; il leur disait la parole.

On vient le voir en portant un paralysé, levé par quatre hommes.

Ne pouvant s’approcher de Jésus à cause de la foule, ils ôtent le toit de la maison où il était, et hissent et font descendre le grabat sur lequel le paralysé était allongé.

Voyant leur croyance, Jésus dit au paralysé : Mon enfant, tes fautes ont été remises.

Il y avait quelques scribes assis là et ils raisonnaient dans leurs cœurs : Pourquoi cet homme dit-il ainsi des blasphèmes ? Qui peut remettre les fautes, si ce n’est un seul :    Dieu ?

Jésus reconnut aussitôt dans son esprit qu’ils raisonnaient ainsi en eux-mêmes et il leur   dit : Pourquoi raisonnez-vous de la sorte dans vos cœurs ?

Qu’est-ce qui est plus simple ? dire au paralysé : Tes fautes ont été remises ? ou dire : Lève-toi, prends ton grabat et marche ?

Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité sur la terre pour remettre des fautes, il dit au paralysé : Je te dis :  Lève-toi, prends ton grabat et rentre chez toi.

Et il se leva aussitôt, prit son grabat et sortit, devant tout le monde, en sorte que tous étaient bouleversés et glorifiaient Dieu en disant : Jamais nous n’avons vu chose semblable.

Il sortit encore longer la mer; toute la foule allait le voir et il les enseignait.

Un peu plus loin, il vit Lévi, le fils d’Alphée, assis au bureau des perceptions, et il lui dit : Suis-moi. Il se leva et le suivit.

Et il arriva à Jésus de dîner chez lui; de nombreux percepteurs d’impôts et de fautifs partageaient la table de Jésus et de ses disciples, car ils étaient nombreux et le suivaient.

Voyant qu’il mangeait avec les percepteurs d’impôts et des fautifs, les scribes et les pharisiens disaient à ses disciples : Pourquoi est-ce qu’il mange et boit avec les percepteurs d’impôts et des fautifs ?

Jésus entendit et leur dit : Ce ne sont pas les forts qui ont besoin d’un médecin, mais ceux qui vont mal. Ce ne sont pas les justes que je suis venu appeler à la repentance, mais les fautifs.

Les disciples de Jean et les pharisiens jeûnaient; ils viennent et lui disent : Pourquoi les disciples de Jean et les pharisiens jeûnent-ils, tandis que tes disciples ne jeûnent pas ?

Jésus leur dit : Les fils de l’époux peuvent-ils jeûner quand le jeune époux est avec eux ? Tant qu’ils ont avec eux le jeune époux, ils ne peuvent jeûner.

Mais les jours viendront où le jeune époux leur aura été enlevé, alors ils jeûneront dans ces jours-là.

Personne n’ajoute un morceaux de vêtement neuf à un vieux manteau; sinon le rapiéçage enlève le neuf du vieux et la déchirure s’aggrave.

Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; sinon, le vin nouveau fait éclater les outres : le vin se répand et les outres sont perdues; mais il faut mettre du vin nouveau dans des outres neuves.

Il lui arriva pendant le sabbat de passer à travers les champs semés; ses disciples commencèrent, chemin faisant, à arracher les épis.

Les pharisiens lui dirent : Regarde : pourquoi font-ils pendant le sabbat ce qui n’est pas permis ?

Il leur dit : N’avez-vous pas lu ce qu’a fait David quand il a eu besoin et qu’il a eu faim, lui et ses compagnons ? comment il est entré dans la maison de Dieu, du temps de l’archiprêtre Abiathar, et comment il a mangé les pains de la proposition, alors qu’il n’était pas permis de les manger, si ce n’est pour les prêtres,  et comment il en a donné, même à ses  compagnons ?

Et il leur dit : Il y a le sabbat à cause de l’homme, pas l’homme à cause du sabbat.

C’est pourquoi le Fils de l’homme est Seigneur même du sabbat.

 

(Évangile d’après saint Marc 2, traduction de Franck Ferdinand)

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