La Controverse de Sion

imagesVu que j’ai l’esprit de contradiction, j’ai eu l’envie de lire La Controverse de Sion de Douglas Reed une fois que le livre a été interdit par la justice française. La Licra était à la manœuvre : pour la Licra, toute mise en cause du pouvoir juif est bien évidemment antisémite puisque le pouvoir juif, la Licra est bien placée pour le savoir, ça n’existe pas. Toujours est-il que cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi épais aussi vite.

 

La thèse centrale : Reed distingue dans le judaïsme deux courants principaux et antagonistes : ceux qu’il appelle les israélites, de tendance universaliste, et ceux qu’il appelle les judaïtes, portés sur le suprématisme racial et qui se sont incarnés dans l’histoire sous différents noms, pharisiens à l’époque de Jésus, talmudistes au moyen âge, sionistes aujourd’hui. Les premiers ont tendance à être majoritaires du reste, mais la malédiction juive, et un peu celle des gentils par contrecoup, c’est que ce sont les seconds qui tiennent le pouvoir communaitaire. Et c’est une histoire vieille de quatre mille ans.

C’est sur le XXe siècle que Reed porte surtout son enquête mais son récit de l’histoire de la captivité des juifs en Egypte et à Babylone, de la conquête de la Palestine par les Romains, de la destruction du Temple, de la vie des juifs en diaspora, en particulier dans l’Espagne musulmane, et de la judaïsation des Khazars sont tout à fait passionnants.

Reed examine aussi l’influence juive dans la révolution Anglaise et dans la Française. Mais c’est sur la Russe qu’il en dit le plus. Il présente très explicitement la révolution d’Octobre comme une révolution juive, le coup de force d’une organisation essentiellement juive qui prit le contrôle des Russes et de leur État. Évidemment, c’est tout à fait antisémite de dire cela et, d’après Reed, à l’époque cela l’était déjà. Mais c’est peut-être là que réside le problème, car après tout, il n’y a aucun racisme anti-Blancs à dire que les Blancs dominaient politiquement les Noirs sous l’Apartheid, pas plus qu’il n’est toutsophobe d’affirmer que les Tutsis contrôlent aujourd’hui le Rwanda. (Ce qui n’exclut pas qu’à l’occasion un Noir sud-africain ou un Hutu ne puisse mener carrière au sein de l’appareil d’État qui opprime ses frères.)

Reed est aussi tout à fait iconoclaste dans le récit qu’il dresse de la colonisation sioniste de la Palestine. Et pour le coup, on peut bien, sans trop craindre le ridicule, évoquer un complot. J’ignorais en particulier que l’Angleterre avait conquis la Palestine exprès pour la donner aux juifs (via le foyer national dans un premier temps) en 1917 et ce, en pleine première guerre mondiale, juste avant la célèbre déclaration Balfour.

Il examine aussi l’influence d’après lui déterminante des judéo-sinoistes sur les gouvernements américain et anglais au cours du XXe siècle, avec des faits, des dates et une précision à faire peur. Certes je suis réceptif à ce genre de thèses et je ne croyais déjà plus guère aux prétentions des régimes occidentaux à être dits « démocratiques » ou « républicains » , mais j’en ai quand même été ébouriffé. Pour résumer mon sentiment, je dirais : ah bon ?? à ce point ??

Le point d’orgue de tout ça, c’est bien sûr la guerre de 40. Là, ça devient trop compliqué pour que je résume dans le cadre d’un petit billet de blog et puis, même si le livre n’est pas un roman, je ne veux pas non plus trop déflorer la chose pour ceux qui voudraient se plonger dans cette époustouflante lecture. Mais disons seulement que l’auteur n’est pas très éloigné des intuitions d’Orwell dont le 1984 nous présente la vision, romanesque pour le coup, d’un monde unifié et partagé entre trois empires qui se livrent entre eux à des guerres largement factices. Aujourd’hui, on appelle ça le Nouvel Ordre Mondial et ça remonte à loin, apparemment.

La Controverse de Sion est facilement et gratuitement trouvable sur le Net, par exemple ici.

Publicités

A propos Franck Ferdinand

Poète franckferdinand@free.fr
Cet article, publié dans Histoire, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

11 commentaires pour La Controverse de Sion

  1. Agg dit :

    Mouais. Je n’ai pas lu cet ouvrage, je ne me permettrais donc pas de le commenter. Mais rien que la manière dont il est présenté dans le lien auquel vous renvoyez prête à caution :
    « Douglas Reed, le plus célèbre journaliste de Grande Bretagne de la seconde guerre mondiale » : il suffit de faire une petite recherche sur le net pour voir que ce Monsieur n’est connu essentiellement que pour La Controverse de Sion.
    – Après consultation de la table des matières, je remarque que Monsieur Reed s’appuie sur un certain nombre de « documents » pour le moins discutables, dont, sans surprise, les fameux Protocoles des sages de Sion, faux notable et grand classique de la littérature antisémite et/ou conspirationniste.
    Je rajouterais que ce que vous rapportez de cet ouvrage me fait furieusement penser à la notion de « causalité diabolique » développée par Léon Poliakov (encore un juif !), soit cette idée d’un complot à l’œuvre dans l’Histoire, les fomenteurs variant selon les cas : Juifs, francs-maçons, jésuites…

  2. Ne vous en déplaise, il a été une vedette et un vendeur de best-sellers. Mais il n’est resté à la postérité que pour ce livre. Quant aux Protocoles, je ne sais pas si vous les avez lu, ni ce que vous voulez dites à propos de ce livre qu’il sont un « faux », un faux quoi ? Les francs-maçons et les jésuites ont ou ont eu un pouvoir certain, pas la peine de faire intervenir le diable.

    • Agg dit :

      Que Reed ait été une vedette qui vendait du papier ou pas est hors de propos. Je constatais simplement qu’il n’a marqué son époque que pour sa Controverse, qui n’est même pas une enquête journalistique, mais au mieux un essai et au pire un livre de science-fiction, dont la reconnaissance n’a jamais débordé les milieux antisémites et/ou conspirationnistes. Sur le faux évident que constituent les Protocoles, je vous laisse faire le boulot, pour une fois. Pour ma part, je les ai lus, oui et j’ai aussi lu Taguieff (1992), qui a écrit un ouvrage sur le sujet que je vous recommande vivement. Enfin, c’est une chose de dire que certains groupes d’individus exercent une influence sur le monde, c’en est une autre de prétendre qu’ils participent d’un grand complot mondial.

  3. Entre autres choses, on peut trouver dans les Protocoles une description précise du mécanisme d’asservissement des nations par la dette, ce qui n’a bien évidemment AUCUN rapport avec la réalité observable en Grèce, en France, ni aux Etats-Unis, ni nulle part ailleurs, puisque c’est un faux.

    • Agg dit :

      Oui et Nostradamus avait prédit l’avènement d’Hitler, le bombardement d’Hiroshima et l’élection de François Mitterrand : il est toujours très facile, après coup, de retrouver dans tel ou tel texte un lien avec la réalité présente. Ca marche avec les Prophéties, les Protocoles… mais aussi Moby Dick (McKay, 1997). Quant à la dette publique, elle ne date pas d’hier, ni même d’avant-hier, en tant qu’instrument des Etats. Elle n’est en outre pas un problème en soi, lorsqu’elle est maîtrisée et sert à des investissements judicieux. Aujourd’hui, le défi de notre pays est de rééquilibrer les recettes, par une révision en profondeur du système fiscal et des dépenses, ainsi que le préconise le Conseil économique, social et environnemental. Je rajouterais qu’il me paraît bien périlleux de comparer les dettes de différents pays comme si on avait affaire exactement au même phénomène, chaque pays ne gérant pas sa dette de la même manière. Alors, non, tout ne vas pas très bien, Madame la Marquise, mais non, le bateau n’est pas en train de couler. Mais il serait sans doute bon que les membres d’équipage croient un peu plus en leur capacité à naviguer.

  4. La dette publique n’est ni maîtrisée, ni utilisée à de judicieux investissements, mais ça n’est pas mon sujet. Les Protocoles (1905) me paraissent décrire avec une précision étonnante toute une série de caractéristiques de notre époque (rapport à la religion, à l’argent, au sexe, à l’information, au pouvoir, à la guerre), précision dont on ne peut créditer ni les vers de Nostradamus, ni les prophéties de saint Jean par exemple. Quant à l’existence des sages de Sion en eux-mêmes, je n’y crois pas mais cela ne rend pas le livre plus « faux » que Madame Bovary ou Moby Dick, quoique ni cette dame ni cette baleine n’aient sans doute jamais existé.

    « Antisémite » est un terme truqué pour disqualifier sans appel et sans logique. Je vous rappelle que les « antisémites » prennent dans la conflit proche-oriental le parti des plus sémites des deux parties en conflit. Ces « antisémites » sont aussi aux côtés des juifs persécutés par les milices de leur propre communauté quand ils s’opposent au sionisme, parfois au nom de la Torah elle-même, ou pour d’autres raisons qui leur sont propres. « Antisémite », c’est comme « homophobe », ça marche de la même façon : ça disqualifie l’autre comme un être mauvais. Qui aurait envie d’écouter les arguments d’une personne mauvaise et haineuse, y compris quand elle avance des faits précis ? Cela fonctionne ainsi et c’est à cela que ça sert.

    Et si cette personne n’est pas 100% certifiée mauvaise, il reste à la qualifier de folle puisque, à vous lire, nous imaginerions un grand complot mondial. Un complot ? Quel complot ? Le monde n’est-il pas plein de complots ? Sans doute y en a-t-il mille et un dont je ne subodore pas même l’existence, ni vous. Mais le seul complot dont je parle dans mon billet, merci de ne pas me caricaturer, est celui qui a conduit à la fondation d’Israël et dont l’auteur tente de retracer l’histoire. Pas plus, pas moins.

  5. Agg dit :

    – Sur la dette publique des Etats, je souhaitais seulement attirer votre attention sur le fait qu’elle existe depuis des siècles et ne constitue pas un problème en soi, contrairement à ce que de nombreux médias laissent entendre.

    – Sur les Protocoles, le fait qu’ils vous paraissent étonnamment précis et par suite crédibles était le but recherché par le russe Golovinski, membre de la police politique du tsar. J’ajouterais que l’auteur assumait ouvertement l’antisémitisme de ce document, raison pour laquelle votre grande tirade sur l’accusation d’antisémitisme comme sophisme disqualifiant manque sa cible, ici. Enfin, les Protocoles évoquent clairement un complot juif pour anéantir la chrétienté et dominer le monde, thèse qui sera reprise par un certain Hitler dans son maître ouvrage, Mein Kampf, dont vous avez sans doute entendu parler. Heureusement, comme vous savez par ailleurs grâce à Faurisson que la Shoah est un mensonge faisant partie de ce même complot juif qui se poursuit jusqu’à nos jours, ce détail ne vous troublera pas.

    – Bien sûr que les complots existent. Mais ils sont perpétrés par des gens de toutes sortes, poursuivant des intérêts très différents. Etrangement, les seuls dont j’entends parler dans certains milieux que, si j’ai bien compris, vous fréquentez – au point d’ailleurs de vous y identifier (« nous ») –, impliquent toujours peu ou prou les Juifs, les francs-maçons et par extension, les pédés, les féministes, les socialistes, les psychologues, les sociologues, les anthropologues etc. (liste non exhaustive). J’avoue : je fais moi-même partie du complot, tentant (en vain, semble-t-il) de vous rallier à notre cause. Et dire que je ne suis même pas circoncis ! 😀

  6. Voilà. Tiens, par curiosité, on vous a raconté quoi sur le sionisme et la fondation d’Israël à l’école ?

    • Agg dit :

      Quel rapport ? Si vous voulez me faire dire que l’Histoire telle que présentée par les manuels scolaires ne correspond pas, loin s’en faut, à l’Histoire réelle, alors ne vous donnez pas tant de peines : je suis d’accord avec vous. Mais il y a un monde entre avaler sans broncher la propagande républicaine de Fernand Nathan (qui a tout de même pour objectif d’unir les futurs citoyens autour d’un mythe national) et prêter foi à la propagande antisémite de Matveï Golovinski. Quant au conflit israélo-palestinien, je pense qu’après plus de 60 ans de violence, il serait temps que les uns et les autres aux responsabilités retrouvent leurs esprits et fassent enfin preuve de pragmatisme et de bonne volonté pour que leurs peuples respectifs vivent en paix. Dans ce cadre, je doute fortement que ce soit en remuant la boue du passé que le schmilblick avancera. Je vais quand même terminer sur une note qui devrait vous faire plaisir : pour moi, le sionisme, comme toute idéologie, ne peut qu’échouer, tout simplement parce que la réalité a la fâcheuse manie de ne pas rentrer dans les cases.

      • Oui cela me fait plaisir. Je préfère, voyez-vous, un accord partiel avec mon interlocuteur aux joies toutes relatives de la joute verbale.

        Le rapport de ma question est direct avec le sujet de mon billet. Je me suis rendu compte en lisant Reed de ce qui avait été occulté dans l’histoire du sionisme telle que je l’avais apprise à l’école et ailleurs : la conquête britannique de 1916-17. Conquête dont les modalités sont particulièrement surprenantes. En effet, à un moment où l’Angleterre est directement menacée par les armées prussiennes, le gouvernement britannique choisit de dégarnir le front français de 1 200 000 hommes pour s’emparer d’une terre afin de la donner, non à sa propre population, mais à des étrangers. Et ce, contre l’avis du rabbinat britannique et des juifs palestiniens. C’est tout à fait sidérant et inouï dans l’histoire de l’impérialisme. Je ne vois pas de moyens « normaux » d’expliquer cela et me sens donc contraint de recourir à l’explication d’un complot, trahison, conspiration, corruption, lobbying, influence, choisissez-le mot qui convient le mieux : ce n’est pas le mot qui compte, c’est la chose. Et la chose est d’autant moins justifiable pour un État vaguement laïc, puisque in fine sa seule justification est celle du Deutéronome, dont la loi justifie le châtiment infligé aux populations sémitiques locales. Mais cela, il est antisémite de le dire. Comprenne qui pourra.

        Je ne sais pas ce que Fernand Nathan dit aujourd’hui du nationalisme juif. Mais pour ce qui est du français, je peux vous assurer que votre vision du roman national de l’école est passablement datée. Le roman a été déconstruit pierre à pierre au profit de l’éloge généralisé du métissage et du dénigrement des nations, Disons que de pieux mensonges (ou des vérités sélectionnées) en ont remplacé d’autres, mais ça n’est plus la même piété. Mais Fernand Nathan n’est pas seul en cause. Les manuels scolaires s’inscrivent dans une politique globale, qu’ils justifient, de déconstruction des nations européennes par leurs États. Dans ce contexte, le soutien aveugle de ces mêmes États à un nationalisme racial passe particulièrement mal.

        Et c’est en cela bien sûr qu’évoquer la question sioniste et la question juive en général n’a pas pour but pas de remuer des remugles puants, et accessoirement de me faire traiter d’antisémite. Ça n’est pas un plaisir pervers. C’est une question d’actualité, et la plus brûlante qui soit. Pas plus tard que la semaine dernière, Jonathan Moadab (http://www.youtube.com/watch?v=3Jkkb4uXe-U), dont je m’honore de compter parmi les camarades, a été agressé par la LDJ en présence des CRS et du ministère de l’Intérieur français, en toute impunité. Hier; un islamiste français de retour de Syrie a été arrêté pour le projet d’attentat qu’il nourrissait sur notre sol. Israël n’est pas seul en cause dans la guerre de Syrie et dans l’instrumentation des extrémistes sunnites mais ils ont leur part. Et à plus long terme, ce petit pays tient peut-être entre ses mains l’avenir de la paix du monde. La mèche de la bombe pourrait bien être la mosquée Al-Aqsa, sous laquelle le gouvernement israélien creuse des tunnels, et en faveur de la destruction de laquelle militent un certain nombre de sionistes et de néo-conservateurs. Sinon, comment reconstruire le Temple ?

        Néo-conservateur et sioniste, c’est du reste le positionnement politique de M. Taguieff, dont vous semblez faire cas. En version élégante et bien proprette certes, mais ça ne change rien. Néo-conservateur, vous l’aviez compris, ça n’est pas tout à fait ma ligne.Quand vous m’avez parlé de lui, je suis allé chercher sur le Net des textes de ce monsieur, pour voir. Je suis tombé là-dessus (http://www.dreuz.info/2012/02/aux-origines-du-slogan-sionistes-assassins-le-stereotype-du-juif-sanguinaire-pierre-andre-taguieff/) sur Dreuz, site sioniste et néo-conservateur affiché. J’ai été attiré par la lecture de ce travail car j’avais moi-même rendu compte ici (https://franckferdinand.wordpress.com/2014/01/27/sur-le-jour-de-colere/) du slogan scandé par la foule dont monsieur Taguieff dresse l’historique. Je n’ai pas tout lu mais j’ai feuilleté. Taguieff recense un certain nombre d’accusations plus ou moins fantasmatiques portées contre des juifs. Il n’évoque pas le moindre assassinat sioniste réel (Deir Yassin, l’assassinat du comte Bernadotte, la liste pourrait être longue). Et, en toute logique, il conclut sur le dérangement mental des « antisémites » qui nourrissent leur « haine » d’une mythologie sombre. Le procédé me paraît plus militant qu’honnête.

        La paix est bien sûr ce que nous désirons (presque) tous, au-delà de nos divergences politiques. Mais je ne crois pas possible de résoudre les problèmes en se fondant sur la Loi et les principes qui les ont causés.

  7. Johne376 dit :

    Amazing YouTube movies posted at this website, I am going to subscribe for daily updates, as I dont want to fail to take this series. agadfddcbafd

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s