Sur Guénon et Evola

rene_guenon_&_frithjof_schuonIl y a au fond de mon cœur, et peut-être au fond du cœur de l’homme, un trouble mystérieux qui me poursuit depuis l’enfance et me pousse à lire et à écrire. Rien que le nommer est déjà difficile : douleur de vivre ? conscience de la décadence ? misère de l’homme sans Dieu ? angoisse existentielle ? Je ne sais pas.

Paul dit : « Les Juifs cherchent un signe, les Grecs cherchent une sagesse. » Pour moi qui suis un Grec, où chercher la sagesse, sinon dans la philosophie ? Comme tout le monde, Nietzsche fut un des premiers médecins que je me sois choisi.  A le lire, je sentais de façon confuse qu’il cherchait ce que je cherchais aussi. Mais son côté virevoltant, son érudition, le caractère à la fois tranché et obscur de ses aphorismes fait qu’on a souvent du mal à le suivre. Mais où veut-il donc en venir ?

Mais la philosophie a cet aspect fascinant du souk : si cette boutique n’a pas pour moi le tapis dont je rêve, il y en a mille à côté qui chacune le laisse espérer ! Après Nietzsche, j’ai un temps caressé l’envie de me faire soigner par le docteur Guénon. Il semblait avoir tout pour me plaire : critique de la modernité, recherche de la Tradition, préoccupations religieuses. Pourtant dans Guénon je n’ai jamais réussi à rentrer. Pour ceux qui ne connaissent pas cet auteur, il y a ici par exemple des échantillons de sa prose. Positivement, je n’ai rien contre Guénon. Mais il a les défauts inverses de Nietzsche : certes il est plus clair et plus didactique, mais ses pavés ont quelque chose de lourd et d’indigeste. A le lire, on a l’impression qu’il cherche le souffle d’un air pur qui circule librement dans la poussière des bibliothèques et qu’il compte se muer, à force d’empiler pages sur pages, en un homme de la Tradition, c’est-à-dire un homme d’avant les livres. Je lui souhaite d’avoir trouvé dans l’islam la paix de son esprit.

Je n’ai découvert son disciple Julius Evola qu’il y a peu. Souhaitant mettre mes actes en adéquation avec mes idées, je m’étais rendu à la nauséabonde librairie Facta. Les éditions originales de Céline n’étant pas à la portée de ma bourse plate, je fus tenté par les Méditations du haut des cimes. J’avais vaguement entendu parler de sa notion d’Empire sacré. Et je voulais un livre court. Je demandai à Vincent, le vendeur, si je n’allais pas me perdre dans d’obscures considérations métaphysiques, il me dit : « Non, non, c’est facile à lire. Il grimpe et, plus il est haut, plus il est seul. » Guénon est philosophe, Evola est poète. L’air frais, lui, il va le chercher où il est, dans les glaciers des montagnes. Et la philosophie qu’il développe, anti-moderne comme son maître, il la veut en actes. Alors, comme Aristote et Rimbaud avant lui, il marche, il marche, il marche.

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A propos Franck Ferdinand

Poète franckferdinand@free.fr
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2 commentaires pour Sur Guénon et Evola

  1. R. dit :

    A ma connaissance Evola n’était pas disciple de Guénon. D’ailleurs, Guénon n’avait aucun disciple. D’où tenez-vous cette information?

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