Lettre ouverte d’un Français non-musulman à Adel Taamalli

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Adel,

J’ai lu il y a quelques jours la lettre que vous adressez à vos compatriotes qui ne partagent pas votre foi musulmane.

Je me suis senti d’autant plus visé que je suis moi-même un Français de pure souche, chrétien et électeur frontiste. Je suis d’ailleurs tombé sur votre texte via fdesouche.com, ce qui aggrave mon cas.

Mais c’est précisément parce que j’appartiens à cette frange de la population qui vous est a priori le plus hostile que je vous fais réponse, non pour vous cracher ma haine au visage, mais pour que nous nous comprenions un peu mieux.

J’ai vis-à-vis de l’islam le plus grand respect. J’ai souvent rencontré des musulmans qui trouvaient dans leur foi islamique consolation face à la dureté de la vie et force de se tenir debout. C’est l’utilité des religions en ce bas monde et force est de constater que l’islam ne joue pas ce rôle plus mal qu’une autre. Ce n’est pas quelque chose qu’un chrétien saurait mépriser. Je n’ignore pas non plus que vous vénérez la Vierge Marie et les enseignements de celui que vous appelez Issa et que nous croyons être le Christ.

Cependant, je vous l’avoue, l’islam me fait peur. Je récuse absolument le terme d’islamophobe, qui est une construction lexicale tirée du vocabulaire de la psychiatrie (agoraphobe, arachnophobe, etc.). Je doute simplement de la possibilité de vivre ensemble en paix.

Je constate par exemple qu’il n’est pas de pays où l’islam n’est ni ultra-minoritaire ni hégémonique qui ne connaisse des troubles graves, pouvant aller jusqu’à la guerre civile : Côte d’Ivoire, Nigéria, Cameroun, Bosnie, Liban, Inde, Birmanie, Philippines… Faut-il croire que la France bénéficierait d’un microclimat particulier qui la préserverait de ce triste destin ? Pouvez-vous me citer un contre-exemple, Adel ?

Si l’islam est partie prenante à tant de conflits armés, je ne crois pas que ce soit par hasard. Il en va sans doute de sa tradition conquérante et, plus fondamentalement, de la présence de la charia dans le corpus de la foi islamique.

Car la loi islamique est parole de Dieu pour les musulmans, et un musulman pieux se doit de la respecter et de la promouvoir tandis que, par bien de ses aspects, elle heurte les non-musulmans. Par exemple, j’ai plus d’une fois discuté avec des musulmans dans le din, qui envisageaient de quitter la France au motif que la mixité qui règne ici n’était pas compatible avec la vie qu’ils voulaient mener en accord avec le beau modèle du prophète de votre religion. Du reste, dans mon quartier, qui est majoritairement musulman, les hommes tiennent la rue, qui est le lieu de leur socialité, tandis que les femmes ne font qu’y passer. On voit la même chose en terre d’islam : l’espace public presque exclusivement masculin. Or, pour nous, l’idée de vivre séparés des femmes est simplement intolérable.

Et la mixité n’est qu’un exemple. En islam, les lois sont de Dieu. Chez nous, elles sont des hommes. Où est la conciliation possible entre ces deux conceptions ? Cette différence est grosse de conflits à venir.

Dans votre lettre, Adel, vous faites ensuite retour sur toute une série de polémique qui ont émaillé l’actualité de ces dernières années. J’y reviendrai point par point.

En ce qui concerne le terrorisme islamique, vous le condamnez : encore heureux !

En ce qui concerne les caricatures de Mahomet, je soutiens, comme vous le présumez, la liberté d’expression de Charb et de ses copains. Mais cela ne m’empêche pas de comprendre votre colère et de partager votre mépris pour ces faux rebelles, ces anarchistes bourgeois, ces tristes fonctionnaires du rire gras qui caricaturent d’abord cet esprit gaulois que j’aime de la truculence et de la paillardise en crachant ad nauseam sur votre prophète –et accessoirement sur mon pape- entre deux courbettes aux puissants. La carrière de Philippe Val en témoigne.

En ce qui concerne les lois anti-voile, je ne m’étendrai guère, car je suis plutôt d’accord avec vous : je suis personnellement défavorable à ces législations d’exception. Car aucune cohésion nationale ne saurait être imposée par des amendes. Etre français, dans mon esprit, c’est d’abord être libre et l’autorité étatique, même démocratique, ne me paraît pas légitime à dicter à des citoyens libres leur façon de se vêtir.

En ce qui concerne l’affaire Baby Loup, je ne sais pas, je ne me suis pas penché sur la question et n’ai aucune intention de le faire. C’est une histoire de licenciement contesté comme il y en a tous les jours et qui ne me préoccupe pas plus que les autres. Cette affaire me paraît surtout symptomatique du pipi de chat – ou de la salive de lama– dont les journaux nous encombrent l’esprit tous les jours en nous assénant d’une voix unanime que l’actualité c’est ça, et c’est pas autre chose.

En ce qui concerne la construction de mosquées, bâtissez-les avec votre propre argent et je n’y verrai pas d’inconvénient.

Au-delà de cette série de questions, c’est celle de l’éthique musulmane qui importe, comme vous le dites vous-même. Or je m’interroge à son sujet. En particulier quand cette éthique a des répercussions politiques. Je constate que les musulmans ont voté à hauteur de 90% pour François Hollande. D’ailleurs, les drapeaux brandis à la Bastille par ses supporters, le soir du 6 mai 2012, étaient généralement porteurs du croissant. Or Hollande prône l’euthanasie, le mariage homosexuel et les délires mortifères des gender studies. Est-ce coranique ? Aurais-je compris de travers ? Mahomet serait-il en fait un précurseur du libéralisme à la sauce LGBT ? Ou alors, je ne sais pas, les musulmans ont-ils décelé chez Mimolette un charisme aussi puissant que caché ? La fadeur érigée au rang des beaux-arts, le triomphe de la mollesse ! A moins qu’ils n’aient voté pour le parti le plus prompt à verser toujours plus d’allocations ? ou dont la politique d’immigration favoriserait le mieux l’islamisation du pays, le Grand Remplacement, pour parler comme Renaud Camus ? Je ne connais pas la réponse mais la question est d’importance : de qui les musulmans sont-ils solidaires ? de leurs compatriotes (car nous sommes bien compatriotes, Adel, de fait et de droit, quoi qu’on en pense de par chez moi) ? des cousins du bled ? de l’humanité entière ? des Chinois ? des martiens ?

Je me garderai de penser que le nom du site où vous publiez votre tribune (oumma) fournit la réponse. Après tout, comme vous, Adel, qui, malgré vos récriminations, assurez aimer la France, moi-même je ne me plains pas de mes voisins musulmans, qui sont généralement des gens corrects et avec qui je n’ai pas de problème particulier.

Alors, permettez-moi de me détacher quelque peu de la question musulmane pour vous parler de la France, car c’est elle qui m’intéresse avant tout. Pour moi, les Français ne sauraient être autre chose qu’un peuple libre  sans démériter de leur nom même, qui leur vient de celui des Francs, les Libres. Or, qu’en est-il aujourd’hui ? La monnaie que nous utilisons est contrôlée par la banque de Francfort. Les chefs que nous élisons se sont défaussés d’une partie de leurs pouvoirs. Les décisions de notre justice, rendues au nom du peuple français, sont soumises au contreseing de la cour de Luxembourg. Nous n’avons plus de frontières. La liberté d’expression diminue de jour en jour. Nos votes sont annulés quand ils déplaisent à nos dirigeants. Le budget de notre Etat doit obtenir l’aval de la commission de Bruxelles. Est-ce d’une nation libre, cela ?

Et ne croyez pas que je passe du coq à l’âne. La question de l’islam en France et celle de l’indépendance française sont intimement liées. Pompidou, qui était gaulliste, avait favorisé une immigration de travail, destinée à fournir à nos industries de la main d’œuvre bon marché. Giscard, qui était un fédéraliste européen a voulu que l’on passe à une immigration de peuplement. J’imagine qu’en haut lieu on avait déjà compris l’intérêt de saper l’homogénéité de la nation, pour parler comme Peter Sutherland, responsable spécial de l’ONU pour les questions d’immigration et ancien commissaire européen. Dans ce processus, l’islam est en cause bien sûr, comme un agent de fragmentation.

Durant sa longue histoire, Adel, la France a été plusieurs fois soumise à des puissances étrangères. Mais c’est aujourd’hui la première fois que nous obéissons à d’autres qu’à nous-mêmes sans avoir subi de défaite militaire. Jusqu’ici, les Français acquiescent peu ou prou à cette politique. Mais la crise économique que connaît l’Europe, et qui risque de provoquer les graves convulsions qui accompagnent la ruine, font au moins espérer que les Français, comme les autres peuples de l’Europe, finiront par rejeter ce joug.

Je ne sais si cela aura lieu dans le calme ou la désolation. Mais ce dont je suis sûr, c’est qu’il y aura des Français pour se lever et tenter de redevenir les maîtres de leur propre pays. Car nous ne voulons pas être une province de l’Empire ou un quartier du village global. Nous ne sommes pas un terrain vague, nous sommes la France et nous voulons rester français. Et parmi ceux qui seront de ce combat, je ne sais pas s’ils seront nombreux, mais je sais qu’il y aura des musulmans.

C’est pourquoi il est important pour nous –à travers vous, Adel, je m’adresse aussi à ceux de ma mouvance- de ne pas faire une fixation sur la question religieuse. J’en connais plus d’un chez ceux qui se définissent comme des patriotes qui rêvent d’un nouveau 732. Mais il n’y a pas eu d’invasion arabe. Ce sont nos propres dirigeants qui ont fait venir les envahisseurs en question. Dans ces conditions, attendre un nouveau Charles Martel me semble simplement absurde.

Pour finir, je reprendrai la métaphore du bateau par laquelle vous terminez votre propre lettre. Ce à quoi je suis favorable, c’est de refuser l’accès de notre barque à ceux qui sont dans celles d’à côté. Suis-je un salaud ? Peut-être. Mais je vois bien qu’il y a des voies d’eau. On en a jusqu’aux mollets ! N’est-ce pas inquiétant ? Et ces passagers qui se bagarrent, n’est-ce pas mauvais signe ? Ne vaudrait-il pas mieux tous que nous écopions pour éviter que la barque coule ? Cela me paraîtrait prudent et sage.

Je ne sais ce que vous penserez de ma lettre. Peut-être y verrez-vous des relents d’islamophobie ou d’extrémisme. Si c’est le cas, tant pis. J’ai pour moi la bonne conscience d’être sans haine contre vous ou contre votre religion. Je vous ai dit sans fard ma part de vérité. C’est pourquoi je me permets, Adel, de vous adresser mes meilleures salutations françaises,

Franck Ferdinand

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A propos Franck Ferdinand

Poète franckferdinand@free.fr
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2 commentaires pour Lettre ouverte d’un Français non-musulman à Adel Taamalli

  1. bulle12 dit :

    long à lire mais intéressant et vraiment très bien formulé.
    Ceci dit pour la grande majorité des musulmanes, elles sont contraintes de porter le voile non par conviction religieuse mais par obligation, croyez moi que beaucoup d’entre elles s’en passeraient bien.

    • Merci. Long parce que j’avais besoin de mettre mes propres idées au clair, sur une question brûlante.

      Pour les filles voilées, je vous crois volontiers. Il y a un côté « contrôle social » dans l’islam qui est lourd.

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